Portrait d’artiste #3 Cindy Sherman

Cindy Sherman née en 1954 dans l’Etat du New Jersey est une photographe spécialisée dans l’autoportrait où elle n’hésite pas à se mettre en scène déguisée pour critiquer et se questionner la société dans laquelle elle vie.

Après avoir étudié la peinture, elle commence la photographie par des performance et des oeuvres conceptuelles. Gilbert and George, John Baldessari, Duane Michals, William Wegman et Eleanor Antin deviennent ses principales sources d’inspiration.

Par le biais d’une série d’autoportraits Clown réalisée en 2003, au lendemain des attentats du 11 Septembre 2001, nous aborderons l’expression d’un état d’esprit sous le masque et l’incarnation d’un personnage.

Coiffée d’une perruque, maquillée, déguisée, Cindy Shermann incarne ici des clowns. Posant et portant à ses mains des accessoires appartenant au monde du jeu.
Le code des couleurs vives rappelle l’univers très coloré du cirque, mais aussi qui se veut attrayant, amusant pour plaire aux jeunes enfants.

À la fois burlesque et pathétique, le clown symbolise le rire, le cirque. Son but premier est de faire rire et d’être attrayant même si ce n’est pas toujours le cas. D’autre part il symbolise la folie de l’individu chez l’adulte. Néanmoins, pour cette série, l’artiste s’est plus intéressée aux personnes qui interprétation le clown lors de fête d’anniversaire comme elle l’explique dans une interview du Moma. En effet, elle désire par cette série, exprimées les divers émotions ou états d’esprits qui se trouvent sous le masque. Le sourire peint surplombe et cache l’absence d’émotion humaine. Le maquillage joue un rôle primordial dans ces photographies qui camoufle les expressions du visage ainsi que les poses qui sont complètement déliées. L’excès de couleurs se rapprochant du psychédélique, ajouté numériquement appuie le maquillage et à la fois la folie du clown mais aussi de la personne incarnant ce le clown.

Cette série rappelle L’Homme qui rit de Victor Hugo où un homme a la bouche mutilée, condamné à sourire jusqu’à sa mort.

Il s’agit de plus, d’une série photographique post­attentats du 11 Septembre 2001. Les personnes profondément heurtées, tristes après ce tragique événements semblent être obligés de porter un masque pour paraître heureux ou souriants, d’après ce que nous montre Cindy Shermann dans ces autoportrait de clowns. Néanmoins, l’idée d’émotions cachées peut tout à fait être détachée de ces attentats.
Cette série devient d’autant plus intéressante car il n’est pas tant question du clown mais plutôt de la personne incarnant le rôle du clown.

Il est clair que dans ces photographies l’incarnation dépasse le simple jeu interprétation d’un quelconque clown parce qu’une part, il y a la question de l’autoportrait, certes mais pas seulement. En effet la maîtrise de la mise en scène de Cindy Sherman nous montre à quel point elle arrive à personnifier le clown, le rendre humain.

Cindy Shermann joue, explore, incarne un simulacre à chaque personnage qu’elle propose ou l’apparence est devancée l’émotion par les divers artefacts que sont les déguisements, le maquillages et les accessoires. Elle livre ainsi une critique d’une société qui étouffe l’intériorité de l’individu avec l’attribution de statuts, tâches.

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