Revue d’exposition #1 Pierre Huygue Centre Pompidou

Pierre Huygue 25 septembre 2013 – 6 janvier 2014 Centre Pompidou Paris

L’oeuvre de Pierre Huygue, artiste plasticien né en 1962, repose sur les questions autour de notions plutôt proches telles que la fiction, l’imaginaire, le réel et l’irréel ainsi que le vivant. Avec un langage complexe qui lui est propre, il interroge ces notions en proposant au spectateur de devenir acteur d’une expérience. Celui-ci entre alors en immersion dans l’univers de l’artiste à travers un espace formé par ensemble d’oeuvres qui s’articulent et coexistent entre elles. C’est le cas de l’exposition Pierre Huygue au Centre George Pompidou dirigée par Emma Lavigne. L’expérience vécue au sein de cette exposition bouscule la notion d’exposition : disparition du “white cube” qui n’a plus de sens de parcours de visite, toutes les oeuvres directement installées sur l’exposition précédente vivent et se complètent dans un même espace. “Zoodram 4”, une oeuvre se composant d’un aquarium accueillant un bernard l’Ermite ayant La Muse Endormie de C. Brancusi en guise de coquille, “Untitled” sculpture d’un homme à la tête de ruche d’abeille, “Human”, chien à patte rose, sont des oeuvres qui vivent et questionnent leur réalité. A la fois hybride et fictionnelles ces oeuvres vivantes traduisent une étrangeté qui semble irréelle qui nourrit l’univers personnel de Pierre Huygue. Un langage propre qui lie fiction et imaginaire, il re-crée et met en scène le sien par ces oeuvres autonome et hybrides composées d’éléments organiques et non-organiques qu’il propose entre les murs ouverts de la galerie sud de Beaubourg. De plus, les oeuvres semblent autonomes et indépendantes mais coexistent quand même. L’exposition dans son ensemble, vit et se meut. Elle est en partie née directement sur les cimaise de l’exposition précédente, celle de Mike Kelley. Exposition in situ, de passage donc et éphémère, elle se nourrit et évolue par la visite de ses spectateurs qui vivent eux aussi l’exposition comme des témoins d’une expérience, situation unique à part entière. De même, cette exposition comme les précédentes de Pierre Huygues, ne sont pas simplement un arrêt, un point définitif de l’artiste mais une étape où les oeuvres se prolongent, développent au-delà de l’atelier. Néanmoins l’idée étape marque bien un point de temporalité qui s’inscrit au sein du Musée comme nous pouvons l’observer via “Time Keeper” : un morceau de mur est gratté. Nous pouvons y observer les différentes couches de peintures qui sont détourées par de la couleur. Chaque couche est une trace des expositions qui ont eu lieu dans cet espace.

Librement, le public réagit immédiatement lors de son chemin qui s’est frayé dans son parcours immersif issu de l’imaginaire de l’artiste. Cependant, l’artiste semble aussi questionner la naïveté du public en provoquant une réaction devant des oeuvres qui sortent du domaine de l’ordinaire. En effet, qui ne reste pas indifférent face un lévrier à patte rose qui se promène dans l’espace d’exposition, face à cet aquarium posé humblement à l’entrée ? Par ces questions l’artiste s’exprime : “Ce n’était pas les situations qui m’intéressaient mais leur porosité” Les réactions ne font que traduire une perte de repère de la part du public. En effet, en étant confronté un imaginaire propre, le spectateur doit remettre en cause son propre regard parfois non averti qui ne s’attend pas à de telles oeuvres.

 

Plus d’infos ici : Exposition

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